Habiter le monde : des techniques de la vie

Sophie Gosselin et David gé Bartoli, philosophes, co-directeurs des Éditions Dehors

Samedi 15 octobre | FRAC Provence-Alpes-Côte d’Azur | 17h

La conférence sera précédée d’un extrait de la vidéo de Marie Voignier « L’hypothèse du Mokele-Mbembe » (2011) issue de la collection du FRAC Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Repenser le partage entre culture et nature qui fonde le projet anthropocentrique de la modernité. Comment susciter un être-avec entre humains et non humains ?

Si, comme le dit Michel Serres, « nous avons perdu le monde », c’est que nous ne savons plus l’habiter. Notre accès au monde lié à des activités millénaires développées par l’être humain dans sa confrontation avec la terre, la mer et les aléas climatiques, a été rompu par la mise en œuvre du projet moderne de conquête et de « reconstruction » par l’ « Homme » d’une nature pensée comme matière passive et indifférenciée.

C’est sa condition d’être sensible que l’être humain a ainsi mis en péril, c’est-à-dire le fait qu’en tant que corps sensible et sentant il soit pris, au même titre que les autres formes de vie, dans les variations matérielles de la nature. L’enjeu consiste aujourd’hui à retrouver du monde, c’est-à-dire à réapprendre à l’habiter.

Cela ne pourra se faire qu’en remettant en question le partage entre culture et nature qui fonde le projet anthropocentrique de la modernité. Contre l’anthropotechnicisation de la nature, il s’agit d’affirmer et d’inventer une multiplicité de techniques de la vie, c’est-à-dire des manières d’articuler des trames d’espace et de temps différenciés et de redéployer les conditions sensibles d’un être-avec entre humains et non humains.

 

sophie-gosselin-et-david-ge-bartoli-drSophie Gosselin est chargée de cours au département de philosophie de l’Université de Tours. Elle tente de repenser la technique par-delà le partage entre culture et nature.

Avec le philosophe David gé Bartoli, elle a co-animé un séminaire de deux ans au Collège International de Philosophie au cours duquel ils ont présenté les recherches menées dans le cadre de l’écriture d’un ouvrage commun : La souveraineté du dehors à paraître à l’automne 2016. Ils co-dirigent la maison d’édition Dehors spécialisée dans la philosophie, l’écologie politique et les sciences humaines.

Bibliographie (sélection) : La souveraineté du dehors à paraître à l’automne 2016 aux éditions Dehors ; « La blessure de l’événement » in Revue Multitudes n° 55, 2014 ; Organiser la désappropriation, libérer le commun », in Revue Multitudes n° 47, 2011 ; « Spectrographie des pratiques micro-médias » et « La dépensée puissance numérique » in Poétiques du numérique, Ed. L’Entretemps, 2008.