Habiter un monde en crise : penser les identités et les capacités

Myriam Revault d’Allonnes, philosophe, École Pratique des Hautes Études
Discutant : Michaël Fœssel, philosophe, École Polytechnique

Mardi 7 février 2017 | BIBLIOTHÈQUE DÉPARTEMENTALE des Bouches-du-Rhône | 18h

Penser la fabrique subjective des identités dans une société où les citoyens se perçoivent le plus souvent séparés de leur puissance d’agir.

Marquées par l’instabilité, la fluidité, le triomphe de l’instant, les sociétés contemporaines voient émerger de nouvelles conduites de vie et de nouveaux rapports subjectifs.

Livrés eux-mêmes à la fragmentation, les individus seraient conduits à enchaîner des vécus non cumulatifs. D’où l’idée que le soi contemporain serait un soi ponctuel, marqué par d’incessantes révisions biographiques et sujet aux fluctuations permanentes.

Ce constat conduit à réfléchir sur la question et les usages de l’identité : ni fixité immuable ni succession fugace de moments discontinus, l’identité doit être pensée comme une reprise perpétuelle de soi par soi.

C’est dans cette perspective que l’on envisagera l’exercice des capacités – individuelles et collectives – dans une société où les citoyens se perçoivent le plus souvent séparés de leur puissance d’agir.

myriam-revault-dallonnes_jpp2290Philosophe, spécialiste de philosophie morale et politique, Myriam Revault d’Allonnes est professeur émérite à l’École Pratique des Hautes Études (EPHE) et chercheur associé au CEVIPOF (Centre de recherche de Sciences Po). Ses recherches récentes portent sur l’intelligence du contemporain, explorant les notions d’« autorité », de « crise » et de « représentation ». Dans la lignée de Hannah Arendt dont elle est spécialiste, Myriam Revault d’Allonnes pense que « vouée à la fragilité, la politique n’est pas pour autant frappée d’impuissance ».

Bibliographie (sélection) : Le miroir et la scène. Ce que peut la représentation politique, Seuil, 2016 ; L’obstination (avec Adèle Van Reeth), Plon, 2014 ; La crise sans fin. Essai sur l’expérience moderne du temps, Seuil, 2012 (Points Essais, 2016) ; Pourquoi nous n’aimons pas la démocratie, Seuil, 2010 ; L’homme compassionnel, Seuil, 2008.

 

foessel-marchadour-2_0_1400_884Philosophe, Michaël Fœssel est professeur à l’École Polytechnique et conseiller à la rédaction de la revue Esprit. Spécialiste de Kant et de philosophie moderne, ses travaux actuels portent sur l’expérience et les risques de l’expérience démocratique.

Il co-dirige la collection L’ordre philosophique aux éditions du Seuil.