VIVRE ET PRODUIRE AVEC LES ARBRES

Geneviève Michon, Ethnobotaniste

18 NOVEMBRE 2017 – Médiathèque Louis Aragon, Martigues

14h Atelier Philo enfant
15h Conférence ABÉCÉDAIRE (7-14 ans) : Vivre avec les arbres
16h Goûter Philo, Vernissage LE VIVANT S’AFFICHE !
17h30 Ateliers masques d’automne
17h30 Conférence : Vivre et produire avec les arbres
19h Apéro Mundi

Ateliers en amont : 11 octobre
LE VIVANT S’AFFICHE ! (7-12 ans)
14h Atelier Philo
15h45 Atelier graphique avec Maxime Sudol

Entrée libre – Réservation conseillée
Voir Infos pratiques

Au programme de la journée [LECTURE PAR NATURE – L’ALPHABET DU VIVANT]

Presque partout, sur notre planète et au cours de notre histoire, les sociétés humaines ont développé leurs villages, leurs agricultures et leurs modes de vie dans une réelle complicité avec les arbres et les forêts. Ce n’est que depuis l’avènement d’une agriculture dite scientifique, obnubilée par la maximisation des rendements (calculés comme une quantité de produit rapportée à un hectare de terre cultivée), que les arbres ont été chassés des champs et les forêts reléguées à une fonction de paysage récréatif pour les urbains.
Pourquoi l’arbre est-il utile aux sociétés humaines ? Au-delà des services environnementaux qu’il fournit (régulation des cycles de l’eau, du climat, formation et protection des sol), nous passerons en revue ses fonctions économiques (les multiples produits des arbres dans les différents aspects de la vie humaine), en particulier les moins connues (arbres et élevage, par exemple), et quelques-uns de ses rôles sociologiques et culturels.
Nous insisterons surtout sur la façon dont l’arbre est, partout, un allié indispensable de l’agriculture et de l’élevage, et sur la façon dont la forêt est intégrée au cadre de vie et au système de production agricole : les trognes et les haies des paysages de bocage (en France et au Maroc), les forêts nourricières (châtaigneraie corse), les « parcs » agroforestiers des zones sèches (dehesas espagnoles, arganeraie marocaine, maquis et garrigues), les agroforêts tropicales.
Nous essaierons de comprendre quand, pourquoi et comment a eu lieu la scission entre forêt et agriculture qui nous est si familière en Occident, pour revenir ensuite sur ce que nous disent ces exemples de notre mode de rapport au monde et de domestication de la nature : domination, maximisation du profit et vision à court terme pour ce qui relève de l’agriculture « moderne », « amitié respectueuse », optimisation des modes d’approvisionnement et durabilité à long terme pour ce qui est de ces agroforesteries vernaculaires.
Nous envisagerons pour finir des pistes de réhabilitation des arbres et des forêts en agriculture, non seulement d’un point de vue technique (l’agroforesterie comme une véritable alternative), mais aussi comme un cheminement vers une nouvelle forme de rapport entre sociétés humaines et environnement : une autre domestication du monde.

Geneviève Michon est ethnobotaniste. Directrice de recherche à l’IRD à Montpellier, elle est spécialiste des relations entre sociétés et forêts. Dans ses recherches, elle analyse la manière dont les agriculteurs du monde conçoivent les forêts, la nature des rapports matériels qu’ils entretiennent avec elles, ainsi que les conflits qui les opposent aux administrateurs forestiers. Elle développe son travail en Indonésie, au Maroc et en Corse.
Bibliographie (sélection) : Les terroirs au Sud, vers un nouveau modèle ? Une expérience marocaine, avec M. Berriane, Faculté des Lettres et des sciences humaines de Rabat/IRD, 2017 ; Agriculteurs à l’ombre des forêts du monde. Agroforesteries vernaculaires, Actes Sud/IRD, 2015.