Habiter le monde, habiter les temps

Conférence en duo, Apero Mundi – tout public + 15 ans

MER 15 JAN – 19H – LIBRAIRIE L’HYDRE AUX MILLE TÊTES, MARSEILLE
Sophie Gosselin et David gé Bartoli, philosophes 

Entrée libre sans réservation – voir : INFOS PRATIQUES 


Sophie Gosselin travaille sur les consé­quences philosophiques de la crise éco­logique et du tournant ontologique en anthropologie. David gé Bartoli enseigne à l’Université de Tours. Il s’intéresse aux questions d’identité, de corps et de lieux de vie. En 2012 et 2013, ils ont ensemble dirigé un séminaire au Collège International de philosophie. Membres du comité de rédaction de la revue Terrestres.org, responsables de publication aux éditions Dehors, ils animent l’Université populaire de Tours dont les thèmes traitent de la crise écologique et de l’événement anthropocène.

Bibliographie sélective : Le toucher du monde. Techniques du naturer, Dehors, 2019.

Habiter le monde, habiter les temps

Sophie Gosselin et David gé Bartoli invitent à une approche non an­thropocentrique de la nature et du temps. Collision du temps histo­rique avec le temps géologique, l’anthropocène impose l’expérience d’un nouveau rapport à l’espace et au temps et à la multiplicité des temporalités qui constituent la Terre. Ce « nouveau temps du temps » ouvre des voies pour réinventer notre rapport sensible au monde et notre imagination du temps.

 » L’entrée dans l’anthropocène correspond d’abord à l’expérience d’un nouveau rapport au temps. Lorsque le temps historique entre en collision avec le temps géologique, nous n’avons plus simplement affaire à une transition historique au sein d’une temporalité et d’une spatialité présupposées mais plutôt à « un nouveau temps du temps ». Ce temps d’ordre cosmique nous engage à sortir de l’horizon anthropocentrique et anthropomorphique dans lequel il a été enclos pour découvrir la multiplicité des temporalités qui constituent la Terre.

Habiter la Terre reviendrait dès lors à se rendre capable d’habiter les temps. Si le temps se pense dorénavant au pluriel, c’est qu’il ne correspond plus à l’axe directionnel d’une flèche linéaire et horizontale tendue vers un futur indéfini. Notre nouveau rapport au temps se joue dans l’expérience d’une épaisseur verticale en laquelle se croisent et s’enchevêtrent autant de lignes de temps qu’il existe de lignes de vie. Habiter la Terre voudrait donc dire s’inscrire à même des paysages chargés de temps, c’est-à-dire de mémoire : autant de traces (immémoriales) et de tracés (de devenirs) qui rythment et déplient incessamment le mouvement du naturer.

Nous proposerons donc d’effectuer un voyage dans la texture imperceptible des temps qui tissent et relient les vies humaines et non humaines, leurs mémoires et aspirations : de l’araignée à l’arachnéen, du fleuve torrentiel au pont qui relie, de l’art des traces du chasseur chaman aux survivances des formes vivantes, de la monochronie des modernes à la polychronie des indiens Hopi, autant de pistes pour tisser une autre image et imagination du temps.  »

Conférence suivie d’un Apero Mundi

 


En partenariat avec la librairie [L’HYDRE AUX MILLE TÊTES]