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Programme des conférences 2016 #1

Conférence à 17 h au Fonds Régional d’Art Contemporain Provence-Alpes-Côte d’Azur
précédée de la projection d’une œuvre tirée de la collection du FRAC

Pour Amy Dahan, il existe une séparation entre la question climatique et le monde réel.
À travers l’analyse de ce « schisme de réalité », c’est à explorer l'évolution de la géopolitique du climat depuis 20 ans et à éclairer les conditions du compromis obtenu à la COP21 que nous convie Amy Dahan.

La conception apolitique de la gouvernance mondiale du climat est-elle encore tenable ?

Historienne des sciences spécialiste de l’évolution de la géopolitique du climat et de la transition énergétique, Amy Dahan est directrice de recherche émérite centre Alexandre Koyré CNRS - EHESS. Ses analyses permettent d’éclairer l’articulation entre problème climatique et globalisation, entre adaptation et développement, local et global.

Dernier ouvrage paru avec Stefan Aykut : Gouverner le climat ? 20 ans de négociations climatiques, Presses de Sciences Po, 2015.

Amy Dahan
Photo : DR.

Conférence à 18h à l’auditorium de l'ALCAZAR Bibliothèque de Marseille

Alors que les premiers symptômes de changement climatique deviennent désormais apparents, Hervé le Treut estime que la science doit passer de l’alerte à l’action.

Le problème climatique n’étant désormais plus séparable d’une large série d’autres enjeux : environnementaux, socio-économiques, mais aussi éthiques et culturels, il s’agit de passer d’un diagnostic scientifique jusqu’alors pensé de manière globale pour l’ensemble de la Planète, à la recherche de solutions locales face aux nouveaux besoins d’adaptation, sur le plan de la biodiversité comme sur le plan humain.

Climatologue, membre du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), Hervé Le Treut occupe une place centrale dans les débats scientifiques internationaux. Il est directeur de l’Institut Simon Laplace, professeur à l’Université Pierre & Marie Curie à Paris et à l’École Polytechnique.

Dernier ouvrage paru, avec Anna Alter : Sur quelle planète bleue ai-je atterri ? Climat, mer, terre, atmosphère, ce qu’on ne sait pas encore, Le Pommier, 2015

Hervé le Treut
Photo : DR.

Conférence à 17 h au Fonds Régional d’Art Contemporain Provence-Alpes-Côte d’Azur
précédée de la projection d’une œuvre tirée de la collection du FRAC

La dernière décennie a été la plus chaude du XXe siècle ; celle en cours ne dément pas cette tendance. Au contexte de pression anthropique s’ajoute la question du rôle du changement climatique. Des éléments témoignent qu’en contribuant déjà à modifier ses caractéristiques, il aboutira à façonner un océan différent. Quels effets sur les écosystèmes et leurs « services » ? Des réponses données découleront les possibilités d’adaptation et d’atténuation. Encore faut-il correctement évaluer ces conséquences.

Spécialiste en océanographie biologique, Jean-Pierre Féral est un observateur pointu des effets du réchauffement climatique et de la pression anthropique sur la biodiversité marine. Il est directeur de recherche émérite au CNRS, à l’Institut Méditerranée de Biologie et d’écologie Marine à Marseille, co-directeur de l’Observatoire Hommes-Milieux "Littoral méditerranéen" et directeur du programme de l’Institut Polaire Français dans les îles Kergelen notamment. Ses travaux portent en particulier sur la relations mer / continent, tant du point de vue écologique que du point de vue de la gestion et de la protection.

Jean-Pierre Féral
Photo : DR.

Conférence à 17 h au Fonds Régional d’Art Contemporain Provence-Alpes-Côte d’Azur
précédée de la projection d’une œuvre tirée de la collection du FRAC

Reliant l’exploitation de la nature par l’espèce humaine aux inégalités de genres, l’écoféminisme suscite depuis une quarantaine d’années un important activisme environnemental. Pourtant ce courant de pensées très diverses aux mobilisations parfois spectaculaires, est totalement inconnu en France et présenté à l’université comme le pire de ce que les Etats-Unis ont pu produire pendant plusieurs décennies. Cette situation semble en partie en train de changer aujourd’hui. C’est ce nouvel espace pour l’écoféminisme que s’attachera à définir Émilie Hache.

Philosophe, Émilie Hache enseigne à l’Université Paris Ouest Nanterre. Ses recherches portent sur les questions écologiques et la philosophie pragmatique. Elle travaille aujourd’hui sur l’articulation entre féminisme et écologie.

Dernier ouvrage paru : De l’univers clos au monde infini, Dehors, 2014.

Émilie Hache
Photo : DR.

Conférence à 18h à l’auditorium de l'ALCAZAR Bibliothèque de Marseille

La puissance des récits réside dans leur capacité à faire monde. Pour faire face à la hauteur des enjeux écologiques, politiques et sociaux contemporains, Isabelle Stengers nous invite à déplacer nos modes de questionnement et à « repeupler le désert dévasté de nos imaginations ». Mettant en cause les récits et raisonnements dominants, la philosophe en appelle à de nouveaux récits racontant « comment des situations peuvent être transformées lorsque ceux qui les subissent réussissent à les penser ensemble » . Un plaidoyer pour une intelligence collective des pratiques qui honore les divergences.

Philosophe des sciences, Isabelle Stengers enseigne à l'Université Libre de Bruxelles. S'intéressant aux savoirs minoritaires et aux questions politiques suscitées par les sciences, particulièrement à toutes les formes de disqualification péremptoire – des sciences entre elles, des savoirs canoniques vis-à-vis des savoirs "dominés", des experts vis-à-vis des citoyens – elle se consacre depuis une quinzaine d’années à une réflexion autour de l’idée d’une écologie des pratiques.

Dernier ouvrage paru : Une autre science est possible ! Manifeste pour un ralentissement des sciences, Les Empêcheurs de penser en rond/La Découverte, 2013.

Isabelle Stengers
Photo : DR.

Conférence à 17 h au Fonds Régional d’Art Contemporain Provence-Alpes-Côte d’Azur
précédée de la projection d’une œuvre tirée de la collection du FRAC

De nombreux penseurs contemporains s’exercent à penser « un monde déserté par l’humain », une « Terre après nous ».

Pour Frédéric Neyrat, la théorie du monde sans hommes dissimule l’inversion de la réalité écologique, c’est-à-dire la tendance de l’humanité contemporaine à ravager consciencieusement les fondements écologiques de son existence.

Comment expliquer cette volonté cosmophage, cette aspiration à manger le monde, à engloutir tout ce qui n’est pas soi ?

Philosophe, Frédéric Neyrat est actuellement en poste à l’Université du Wisconsin aux États-Unis. Il s’intéresse en particulier à l’écologie politique, ainsi qu’à la philosophie contemporaine, et tente de constituer ce qu’il nomme un «  nouvel existentialisme ».

Dernier ouvrage paru : Homo labyrinthus. Humanisme, antihumanisme, posthumanisme, Dehors, 2015 / À paraître en mars 2016 : La Part inconstructible de la Terre. Critique du géo-constructivisme, Seuil, coll. « Anthropocène ».

Frédéric Neyrat
Photo : DR.

Conférence à 18h à l’auditorium de la ALCAZAR Bibliothèque de Marseille

Le climat est devenu un sujet politique incontournable, touchant à la fois à l’équilibre des forces et des pouvoirs, aux modèles de développement, à nos modes de production et de consommation. Il est ainsi le terrain d’interactions complexes entre États.

Quels sont les pays responsables du réchauffement global ou réputés tels ? Quels sont ceux qui en subiront le plus fortement les impacts ? Quels déplacements de populations sont engagés ou à prévoir ? Quels sont les risques pour la sécurité internationale ?

Plus généralement, comment les populations seront-elles affectées par les impacts du changement climatique, et comment pourront-elles s’adapter ?

Spécialiste des questions de géopolitique de l’environnement, François Gemenne est directeur exécutif du programme de recherche interdisciplinaire « Politiques de la Terre » à Sciences Po (Médialab). Il enseigne les politiques d’environnement et les migrations internationales à Sciences Po Paris et Grenoble, et à l’Université Libre de Bruxelles.

Dernier ouvrage paru : Géopolitique du changement climatique, Armand Colin, 2015 (rééd.) / À paraître en 2016 : Atlas des migrations environnementales, Presses de Sciences Po ; La guerre du climat, Les liens qui libèrent.

François Gemenne
Photo : DR.