Pour Emanuele Coccia, le monde est une réalité végétale. Les plantes représentent le point de vue, ou mieux, le point de vie privilégié pour comprendre et décrire le monde. Avant d’être l’espace pour l’habitation d’une vaste collection d’animaux – un zoo – la terre est un jardin. Et c’est seulement parce qu’il est un jardin que nous pouvons y vivre.
Ainsi le monde est-il produit par les plantes : elles en sont les jardiniers. Nous, les hommes, ainsi que tous les autres animaux, nous sommes l’objet de l’action de jardinage cosmique des plantes. Cela signifie tout d’abord que toute spéculation cosmologique doit commencer par la botanique. Cela signifie aussi que nous devons apprendre à considérer toute portion du monde comme une création du vivant, et non pas comme son simple lieu.